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mardi 25 novembre 2014

Grève le 27 novembre : le Sgen-CFDT n'appelle pas - Pourquoi ?


Nous venons d'être informés d'un appel à la grève pour le 27 novembre (dans deux jours), jour du Conseil d'administration de l'AEFE.

C'est le "ras le bol" dû au fait que nombre de dossiers n'avancent pas et que la priorité à l'Education serait malmenée face à un budget de l'AEFE qui diminue, qui justifie cet appel à la mobilisation.

Le Sgen-CFDT ne se joint pas au mouvement parce que :



- Cet appel est unilatéral. L'appel initial émane d'une seule organisation, en son sommet ; aux autres organisations de suivre : nous ne suivons pas !

- Cet appel est vain : il a uniquement pour fonction de dire son ras-le-bol, comme rituellement il est dit par la grève chaque année.

Il démontre qu'en effet le dialogue social ne marche pas à l'AEFE, ce que le Sgen-CFDT ne cesse de dénoncer.

Le dialogue social ne marche pas en partie car l'AEFE refuse d'augmenter le nombre de sièges des représentants du personnel au Comité technique et donc au Conseil d'Administration : pourquoi cette proposition n'est-elle jamais faite par les élus qui appellent à la grève ? Pourquoi ne la relaient-ils pas ? Ne serait-ce pas parce qu'ils préfèrent continuer à siéger seuls en faisant de temps en temps appel à la grève pour maintenir le lien avec "le terrain" et montrer qu'ils continuent à le défendre.

Le dialogue social ne marche pas parce que les syndicats représentés qui pensent incontournable un bon dialogue social sont minoritaires.
Ceux qui appellent à la grève pointent un certain nombre de mécontentement.

Que disons-nous sur ces questions ?

- Des postes sont supprimés ici ou là et le budget de l'AEFE est prévu à la baisse pour 2015 : pour l'instant, aucune perte de poste annoncée au Maroc. Moins d'argent pour l'AEFE (mais pas moins pour les bourses) donc une baisse des dépenses en parallèle avec la baisse des dépenses de l’État.
Une grève le 27 novembre à l'AEFE n'a aucune chance d'avoir une quelconque efficacité.

- L'avantage familial toujours non publié : c'est de fait insupportable et résulte de situations ubuesques que nous avons apprises lors de la rencontre du Sgen étranger avec la direction de l'AEFE (http://etranger.sgen-cfdt.org/spip/?AEFE-Compte-rendu-de-la-rencontre-801) :
 "le MAE et l'AEFE avaient tous deux demandé leur (des DPI) intégration dans le montant des majorations familiales pour le premier et de l'avantage familial pour la seconde. Mais le MAEDI les avait intégrés dans les majorations familiales comme s'ils devaient être payés tous les ans. Quand le ministère du Budget s'est aperçu que ce n'était pas le cas il s'est senti piégé et a refusé la demande venant de l'AEFE. Aujourd'hui le texte de l'arrêté est prêt, il comporte une colonne pour l'avantage familial et une colonne pour un versement unique destiné à couvrir les frais de première inscription. Ce dossier devrait donc aboutir très rapidement."

Les représentants élus qui appellent à la grève ne nous ont pourtant pas donné cette information ; pourquoi ? N'ont-ils pas eu l'occasion de rencontrer dans des instances ou en dehors les responsables de l'AEFE et ne pouvaient-ils pas nous informer ? Cette information n'excuse en rien l'AEFE, et ne résout rien mais permet de comprendre !

- L'ISVL : l'UNSA informe sur son site qu'une réunion a lieu mardi (25 ou 2 décembre ?) pour évoquer le montant de l'ISVL en janvier.
Lors de la rencontre du Sgen étranger avec la directrice, nous avons appris que :
Les deux premières actualisations mettant en œuvre la réforme du calcul de l'ISVL ont eu lieu en juillet 2013 et en janvier 2014. La troisième interviendra au 1er janvier 2015. Elle prendra en compte les résultats de l'enquête loyer que l'Agence vient de lancer auprès des établissements et la récente mise à niveau de l'indice Mercer.
Au dernier barème, en octobre 2014, l'enveloppe globale avait augmenté de 150 .000 euros à cause de la baisse de l'euro. En janvier 2015 la hausse devrait être encore plus forte.

Les représentants élus ne nous ont pas informés : or ne peut-on pas attendre des personnes qui siègent et qui sont NOS REPRÉSENTANTS, des comptes ?
Ici, tout se passe comme si les représentants ne rendaient des comptes qu'à leurs syndiqués. Les autres n'ont qu'à avoir des élus !

- L'absence de communication, et de mise en œuvre de la consultation sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture dans les établissements de l'AEFE, relève aussi - et nous l'avons fait savoir à la directrice - de la très mauvaise gouvernance de l'AEFE et de son incapacité à travailler avec les personnels.

-Les deux derniers points ne sont pas nationaux mais locaux : ils concernent les personnels de droit local au Maroc (complémentaire retraite et prise en charge de la scolarité) :

Faire grève le 27 novembre a peu de chance de faire avancer ces dossiers ; faire grève permet juste de rappeler la mobilisation sur ces dossiers ; n'y a t-il pas d'autres moyens ?

Il nous semble que :
les élus du syndicat qui appelle à la grève ne rendent que très rarement compte dans des délais rapides des résultats (positifs ou non) des réunions auxquelles ils participent. Ils le font en général dans un bulletin qui parait plus ou moins mensuellement, donc avec retard.

Puisqu'ils sont les représentants du personnel (et pas seulement des membres de leur syndicat), pourquoi n'informent-ils pas régulièrement ? Liberté ensuite aux uns et aux autres d'accéder à l'information.

Le Sgen-CFDT constate donc que si le dialogue social marche mal, c'est en grand partie la faute de l'AEFE, mais les représentants qui donnent l'impression de confisquer l'information ont une part de responsabilité.

Quel sens a donc cet appel à la grève ? Quelle efficacité ? Quelles avancées concrètes ?

Le Sgen-CFDT plaide pour d'autres méthodes, pour un autre dialogue social.

Choisissez un syndicat qui n'est pas dans le tout ou rien, car dans le tout ou rien, souvent on n'obtient rien ! 

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"Le Sgen-CFDT, à l’étranger comme en France, défend sa conception du système éducatif. Il se mobilise pour améliorer les conditions de travail de tous les professionnels de l’enseignement et de la formation travaillant dans des établissements français à l’étranger ou d’autres structures hors des frontières nationales, indépendamment de leur statut. Il lutte pour le respect des textes réglementaires et pour leur amélioration. Il n’agit pas dans un superbe isolement, mais tient à être dans des réseaux actifs dans les milieux concernés.
Il n’hésite pas à s’associer sur des mots d’ordre communs avec d’autres organisations professionnelles, s’il s’agit d’aller vers des avancées concrètes. En revanche, il ne se ralliera pas à des initiatives prises par d’autres sans concertation ni sur les objectifs ni sur les moyens, qui peuvent n’être que des récupérations opportunistes de questions réelles ou de revendications justifiées..."








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